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Les fraises de supermarché traitées et peu respectueuses de l’environnement, comment être certain de les manger bio ?

La culture « industrielle » des fraises

Les bâtiments de production des fraises

Pour assurer un volume suffisant dans les rayons des grandes surfaces, les producteurs de fraises mettent en place des outils et des techniques qui leur permettent d’augmenter et accélérer leurs récoltes. Ces procédures donnent parfois l’impression d’être à l’intérieur d’une usine. Ce sentiment se trouve amplifié lorsque nous visitons les ateliers de nettoyage et de conditionnement. J’ai le souvenir d’avoir visité une production de framboises où l’atelier de conditionnement ressemblait plus à un laboratoire pharmaceutique qu’à une exploitation agricole. C’est sur ces points que je qualifie d’industrielle la culture des fraises de nos grandes surfaces et je ne parle donc pas des exploitants qui cultivent en pleine terre, dans le respect du fruit et des consommateurs.

Détaillons en quoi la culture industrielle des fraises sous-entend la mise en place de procédés peu respectueux de l’environnement et potentiellement dangereux pour notre santé. En effet, pour améliorer les rendements et désaisonnaliser les récoltes, les grands producteurs de fraises utilisent des serres de très grandes tailles construites à base de poutres métalliques, de tôles et de bâches à base de PVC. Ci-dessous, une photo glanée sur Google Earth représentant une petite partie d’une serre agricole.

L’environnement de production des fraises

Au-delà de l’impact lié aux matériaux de construction, la surface couverte par ces serres appauvrit le sol qui n’est plus arrosé par la pluie, un sol parfois recouvert pour faciliter le passage de charriots, les déplacements des ouvriers, … . La photo ci-dessous montre un ensemble de serres agricoles, en comparaison en haut à gauche de la photo se trouvent quelques maisons dont la taille mise en rapport paraît ridicule, une seule de ces serres mesure plus de 16000m². Nous sommes bien loin d’une culture qui prend soin de la terre et de la vie qui devrait y être installées (insectes, bactéries, végétaux, …)

Les supports de production

Pour aller plus loin dans le constat, la technique des cultures hors-sol y est souvent utilisée, pour faciliter le travail des ouvriers agricole (qui n’ont pas à travailler courbés). Mais pour cette pratique, l’utilisation de gouttière ou de poche (également fabriquée à base de PVC) est très répandue. Toute utilisation de plastique dans les cultures amène un risque de libération d’éléments néfastes dans les fruits. Ci-dessous une photo trouvée sur le WEB qui (en passant) montre également le sol recouvert.

Pour finir, certains pour faire grossir les fraises ont décidé d’envoyer du CO2 à l’aide de canon à CO2. Pour rappel le CO2 est le principal gaz à effet de serre, si celui-ci fait grossir les fraises c’est qu’elles l’absorbent par la photosynthèse mais je pense difficile de maintenir la totalité du gaz injecté dans la serre, il doit y en avoir une part qui se dégage dans l’atmosphère.

Cultivez vos fraises

Cultivez vos fraises, vous ferez un geste pour la nature en évitant les aberrations citées ci-dessus, vous ferez un geste pour votre corps en vous assurant de manger des fraises bio et un geste pour votre esprit car en produisant par vous-même vous éprouverez une satisfaction bienheureuse.

Cultiver mes fraises, pourquoi pas, mais comment ?

La production de fraises n’est pas très compliquée.

Quelle variété choisir ?

La première question que vous devriez vous poser face au choix de la variété est « Remontant » ou « Non remontant » … mais … quelle est la différence.
Un fraisier remontant est un fraisier qui donnera plusieurs fois des fraises à partir du mois de juin.

Un fraisier non remontant donnera toute sa production en une seule fois (entre mai et juin), ses fruits sont un peu plus gros que les fruits d’un fraisier non remontant.

Vous pourrez donc mixer les fraisiers remontant et non remontant pour avoir une récolte précoce avec les non remontants et longue avec les remontants.

Remontant ou non remontant, un fraisier a une espérance de trois ou quatre ans après il sera moins prolifique et sera plus sensible aux maladies.

Il existe une très grande variété de fraisiers, difficile de toutes les mentionner.

Dans un premier temps je vous conseille de faire un état des lieux de ce que vous pouvez trouver. Ensuite une recherche sur internet vous donnera les caractéristiques de variétés qui vous sont disponibles.

Plant ou semis

A vous de choisir mais je vais essayer de vous donner quelques éléments de réponse.

Le semis est plus économique

Le semis offre plus de choix dans les variétés

Le semis est plus difficile à mettre en place car il faut être très vigilent lors de la phase de germination et lors de la phase de croissance de la jeune pousse.

Les sachets de semis ont une date de péremption mais peuvent se congeler selon certains.

D’une façon générale (y compris hors fraisiers), les semis peuvent être espacés dans le temps pour une récolte elle aussi espacée dans le temps.

Le semis paraît donc plus intéressant mais comme il est plus risqué, sur une petite surface ou pour un jardinier débutant on pourra préférer l’usage de plant acheté en pépinière (bio de préférence).

L’implantation

Nous pouvons définir trois grands types d’implantation possibles.

Dans le cas des semis il faudra les faire à l’avance pour planter vos fraisiers à la bonne saison (reportez-vous au sachet de graines pour avoir les dates de semis et de plantation).

L’implantation en pleine terre

Les plants de fraisiers sont plantés directement dans le sol du jardin, cette solution est très économique car il n’y a quasiment aucun apport à faire, il faudra faire attention ici à la gestion de l’eau.
Recette de plantation :

  1. Sur un terrain engazonné, il vous faudra « enlever » l’herbe au préalable. Plusieurs techniques existent : couverture par des cartons qui fera « composter » l’herbe, arrachage de la couche d’herbe (à l’aide d’une binette par exemple), … . Ne retournez pas la terre car cela fait remonter les bactéries et insectes des couches basses et enfonce les bactéries et insectes de surface ce qui est contreproductif.
  2. Aérez le terrain avec une grelinette puis enlevez toutes les racines de mauvaises herbes.
  3. Avec un transplantoir formez un trou assez large pour insérer les racines nues ou la motte (dans le cas d’un fraisier en godet). Espacez les plants de 30 à 40cm.
  4. Rebouchez le trou en tassant bien autour du plant de fraisier.
  5. Creuser une cuvette pour retenir l’eau d’arrosage
  6. Installer un paillage (paillis de lin, écorce de pin, …) pour protéger la terre de l’érosion, éviter la pousse de mauvaises herbes et ralentir l’évaporation après arrosage.
L’implantation en carré potager

Souvent utilisé sur des terrains non cultivable (terrasse, balcon, parking) ou trop pauvre, cette technique (contrairement à l’hydroponie) peut se rapprocher très fortement du fonctionnement du milieu naturel (implantation en pleine terre) avec pour avantage d’améliorer la gestion de l’eau (wicking bed, oyas, … sujet d’un prochain article)

Dans ce cas d’implantation il sera préférable de choisir des fraisiers remontant qui donneront plusieurs fois car il y a un risque « d’étouffement » si vous choisissez des fraisiers non remontant.

Le plus long ici sera de construire le carré potager. Je vous conseille d’utiliser du bois non traité que vous protégerez avec de l’huile de lin (chauffée pour faciliter l’absorption). L’huile de lin est le seul traitement naturel possible. Attention n’utilisez pas de bois traités, autoclave, peint, … ces traitements risqueraient de polluer vos plantations. Vous trouverez au bas de cet article un lien vers un guide de montage d’une pyramide de fraises.

L’inconvénient principal des carrés potagers est lié au pourrissement du bois. Lors de vos constructions mettez en place une structure qui vous permettra de changer les lames trop attaquées sans avoir à changer ou démonter l’ensemble du carré. Vous éviterez donc les carrés qui se construisent par imbrication des lames :

Vous leur préférerez  les carrés qui se montent par vissage de lame, pour l’exemple, voici la pyramide de fraise dont vous pourrez télécharger le guide de montage en fin de l’article :

Recette de plantation :

  1. Construire un carré potager.
  2. Remplir de terreau spécial fraisiers.
  3. Avec un transplantoir formez un trou assez large pour insérer les racines nues ou la motte (dans le cas d’un fraisier en godet). Espacez les plants d’environ 25cm.
  4. Rebouchez le trou en tassant bien autour du plant de fraisier.
  5. Installer un paillage (paillis de lin, écorce de pin, …) pour protéger la terre de l’érosion, éviter la pousse de mauvaises herbes et ralentir l’évaporation après arrosage.
  6. Tous les ans en mars vous pouvez enlever le paillage, surfacer avec un peu de terreau et remettre le paillage
L’implantation en hydroponie

Cette technique est assez proche de la culture hors sol des producteurs. Elle ne m’attire pas car elle demande un gros investissement à l’installation, s’appuie sur des supports PVC et demande beaucoup d’apport en sels minéraux et en nutriments. Cette technique permet un gain de place important et une culture indoor avec la mise en place d’un éclairage adapté. Elle éloigne les maladies puisque tout intrant est contrôlé et les insectes nuisibles, mais là à vous de voir, éloigner les insectes est-il un acte sain, pour moi cela revient à lutter contre la nature.

N’ayant aucune connaissance dans cette façon de faire, je m’abstiendrai d’aller plus loin ici.

Ressources :

Guide de construction d’une pyramide de fraises

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